14842543351821116976407

Alors, n'y tenant plus, il se retire brusquement. L'attrape par la nuque, sentant ses cheveux le fouetter au passage, il est presque fou, hors de lui, il la veut comme jamais il n'a voulu une femme, pas même la sienne, il la veut toute entière, là, maintenant, tout de suite. Il la fait reculer jusque dans son bureau, pousse la porte d'un coup d'épaule, la tenant toujours, à demi-nue, Dieu que sa beauté le bouleverse, fragile comme une adolescente, et pourtant son regard plus dur que l'acier le clouerait sur place s'il n'était si excité, comment ose-t-il il ne sait pas, tout ce qu'il sait en cet instant c'est qu'il la veut juste pour lui, rien qu'à lui, la posséder, la faire sienne, la faire hurler de plaisir.

Il a refermé la porte. En plus, il y a l'autre porte, double et capitonnée, celle de son bureau à elle par lequel il faut passer si on veut atteindre le sien. Et cette double porte est fermée à clef. Ils sont seuls. A cette heure, personne n'erre plus dans les immenses couloirs de la bâtisse, il reste juste le service de sécurité devant les portes fermées de l'établissement. Ils sont seuls au monde.

Elle le regarde toujours, elle ne peut pas détacher ses yeux de lui, elle est comme fascinée par ce corps enfin à sa portée qu'elle a désiré si longtemps, qu'elle a dénudé chaque jour en pensée, platoniquement, sans même penser autre chose que ce plaisir imaginaire. Et maintenant il est réel. Il est là. Il vient de la prendre et il va la prendre encore jusqu'au bout. Jusque tout au bout elle sait.

- R...Vous êtes beau. 

Quand va-t-elle se permettre un tu, un seul ?...Il veut la faire sortir totalement de sa réserve, la voir échevelée, trempée de sueur, le suppliant, le tutoyant, prête à tout. Il se demande comment elle a fait pour en arriver là avec lui, juste avec son regard, avec son corps, avec son souffle, avec sa voix. 

Il la pousse brutalement contre le bureau, elle trébuche, sa jambe droite s'écarte légèrement,elle se rattrape, mais déjà il l'a pénétrée d'un coup sec, violent, terrible, et il craint confusément de lui faire mal, mais non, elle a ployé légèrement l'échine et la tête, a jeté un petit cri de bête surprise, et maintenant il sent son souffle, alors qu'il passe une main audacieuse sur ses petits seins tous durs, gonflés, des seins d'adolescente exactement.

- V...Je te veux tu entends, je te veux !...

Ses coups de boutoir sont terribles, il la pilonne avec une violence telle qu'il s'en croyait incapable, comment se fait-il aussi qu'elle encaisse tout comme ça, qu'elle l'appelle même, encore, toujours plus loin ?...Jusqu'où vont-ils aller se dit-il alors qu'il sent son petit corps chaud contre lui, et au plus profond de lui-même sa raison vaciller lorsqu'enfin, à bout de forces mais le défiant encore, elle se retourne un peu et hurle soudain :

- R !...Maintenant ! Viebns !...Je t'en prie viens !...Toi !...Toi !...Viens !...

Une fraction de seconde son regard brûlant plonge au fond de ses yeux à lui, alors qu'il n'arrive plus à s'arrêter, il continue, continue, plus loin, comme elle a demandé, plus fort, là où ils sont à jamais seuls tous les deux loin de ce monde. 

Et soudain, l'éclair déchire la nuit. Elle se met à crier. Un cri long qu'il étouffe tant bien que mal de sa main, elle le mord, il sent ses petites dents très fort dans sa peau le meurtrir, ses ongles s'enfoncer dans sa peau, il sent l'infini plaisir, la délivrance enfin en elle, tout au fond d'elle, l'infini existe et c'est elle, c'est là, le ciel sombre en un amas d'étoiles explosées, il a un râle terrible d'animal qu'il ne savait pas même exister en lui.