galerie-guerriers-guerriere-tenebreuse-img

Il n’est aucun code de lecture pour nous. Dans le prisme étroit du regard obtus et myope d’une société en manque de lumière je t’aime et tu m’aimes à nuls autres pareils. Ceci est une introduction mais est aussi le corps du sujet, également la conclusion. En fait tout le reste que l’on puisse écrire est un développement, une répétition ou une explicitation.

Un à un j’ai laissé partir tous ceux de mes hommes d’armes qui ne comprenaient pas, qui n’admettaient pas, qui jugeaient, qui s’érigeaient parfois contre l’inébranlable et l’inoxydable couple que nous formons. Il est vrai que je demande à mes hommes des qualités rares : discrétion, abnégation, silence, autonomie, indépendance, intelligence, et surtout le plus total respect de mes choix de vie, sans jamais poser la moindre question ni prétendre m’influencer de quelque façon que ce soit. Si toutes ces qualités ne sont pas réunies dans une belle personne, je ne vois aucune raison valable de garder quelqu’un dans mes rangs.

Je laisse volontiers les images, toutes mêlées et entrelacées dans leurs yeux qui m’ont perdue de vue à jamais. La Maîtresse insupportable, exigeante et impétueuse, qui ne souffrait aucun manquement, l’enfant reine d’un royaume unique, la muse, l'inspiratrice de tous les paradis, l’objet hors d’atteinte de tous les fantasmes, l’amie, la confidente, la sœur de cœur...Par-delà tout, la Pygmalionne qui laisse toujours les traces de son passage.

L’être seul –incompris, rejeté- a suffi pour briser tous les miroirs, et je demeure libre, par-delà les reflets trépassés et à venir aussi. Fidèle à moi et à ceux qui osent me regarder telle que je suis.

Rescapés de l’hécatombe, dans l’ombre et le brouillard vous qui n’êtes jamais loin, encore là, qui même sans comprendre tout admettez et ne posez pas de question : je vous sais gré d’être, simplement, d’être ceux que vous êtes : des hommes libres qui faîtes le choix insensé de m’aimer et de me suivre pour rien.