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Il sait qu'il ne faut pas attendre, penser, ni rien faire d'autre que ce qu'elle demande, quelles que soient les conséquences. Il sait aussi, confusément, qu'aucune conséquence négative ne peut résulter de cet instant, parce que c'est elle et que c'est lui, et qu'ils sont capables de maîtriser tout ce que la vie peut leur présenter - et qu'ils la connaissent assez aussi pour savoir se préserver autant que possible des maux. 

- Je veux juste vous regarder...Vous êtes si belle, je le savais...Mais vous voir...toute entière...si belle oui, vous êtes tout ce que j'aime vous savez, vous êtes la beauté, tout ce que je désire savoir et voir dans la vie, je le vois là...dans vos yeux, dans votre corps...

Mais il n'a pas le temps d'achever. Ses mots meurent sur ses lèvres qu'elle a faites prisonnières des siennes en un baiser brûlant. Sa bouche est remplie d'elle, de sa saveur douce et parfumée, il voudrait tout prendre d'elle, toute son essence, son secret tout ce qu'elle recèle en son âme, tout, tout, tout. Il n'est plus lui. Ou plutôt il est lui comme il ne l'a jamais été avant cet instant, l'audace, la volonté, la puissance soudain devenues indomptables. Il s'arrache de ces lèvres délicieuses, de ces bras adorables qu'il voudrait recouvrir de baisers encore et encore, la plaque contre le sol sans appel, et tenant ses poignets si fragiles de ses mains de fer, la pénètre avec une lenteur et une force conjuguées et insupportables. Chaque fraction de seconde est un délice et un supplice à la fois, tant il voudrait aller plus loin tout de suite, mais il veut aussi profiter de chaque parcelle de sa chair qui l'enserre si étroitement, et voir dans ses yeux à elle qui restent attachés aux siens l'exact miroir de ce qu'il ressent. 

Ce qu'il voit dans l'eau sombre et tumultueuse de ses yeux c'est ce qu'il a cherché toute sa vie jusqu'aujourd'hui et qu'il avait relégué dans l'utopie après avoir adulé dans l'idéal, c'est un sens qui soudain déchire de lumière tout ce qui est, c'est le secret avec lequel désormais il sait qu'il devra vivre.

Et soudain, il touche l'insondable profondeur. Là où leurs regards s'étreignent et se fondent en un même océan. Là où il vient d'aborder tout au fond de son corps, et où encore cependant, s'ouvre une porte majestueuse, olympique, dans chaque frémissement de cette chair féminine délicieuse qu'il ne veut plus jamais quitter...L'effort en cet instant, pour elle et pour lui, est terrible. Ne pas venir. Pas tout de suite.