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Découvrir sa peau si douce de si près, pouvoir enfin la respirer, il se souviendra toujours il en est sûr de cette odeur d'amande blanche comme la colle d'écolier d'autrefois qu'il avait envie de manger, mêlée à quelque chose de croquant, de frais, une pomme, un jardin, et un fond capiteux et profond comme une fleur lointaine...Mais il y a aussi une pointe imperceptible de sel sur sa peau, comme des larmes séchées ou comme si elle venait de sortir de la mer...La poussière et la pénombre de cette partie reculée du bureau font comme une bulle autour d'eux et de cet instant suspendu dans le temps, il pourrait être hier, ou le premier jour qu'il la vit, ou demain, ou dans des années quelque part où ils se retrouveraient enfin, libres de toutes attaches, prêts à tout.

 

- J'ai quelque chose à vous demander, dit-elle soudain, tout contre lui dans un souffle, je veux qu'on continue à se vouvoyer.

Il sourit, la regarde, elle est si belle en cet instant, plus que jamais, la tête légèrement renversée en arrière, ses cheveux épars en vagues brunes russellent dans ses mains comme la caresse du vent sur l'océan la nuit, ses yeux profonds enfoncés dans les siens laisseront à jamais leur empreinte, il le sait maintenant et ne peut plus jamais rien lui refuser.

- Après ?...Mais bien sûr V.
- Non, pendant. Maintenant. Je veux.

Il est un peu décontenancé, il ne s'attendait pas à cette injonction, il se dit qu'il va devoir redoubler de maîtrise et ça l'excite davantage, elle a vraiment le don des challenges, il ne s'est pas trompé quand il l'a vue la première fois. Elle est au-delà de ce qu'il imaginait même. Ses mains sur lui sont une délivrance, jamais il n'aurait pensé qu'une femme pouvait ainsi en un instant trouver le chemin vers lui sans la moindre hésitation, il est bouleversé, il voudrait la prendre, la consommer, la faire hurler, la déchirer de plaisir, jamais il n'a senti autant de violence en lui, un désir aussi impétueux comme une tempête qui renverse tout sur son passage, jamais il n'a eu autant de mal à la divine maîtrise qu'il affectionne tant pourtant. L'insoutenabilité de cette main fine et douce sur sa queue raide et dure comme l'acier ça c'est une première fois.

C'est la première fois.

Juste avant il y a le silence des grands bâtiments vides qui les protègent, immense carapace de pierre, de labeur, de siècles et d'hommes. 

Juste avant il y a l'eau, le feu, l'air, la terre qui attendent, ramassés en un magma d'énergie commune, prêts à s'élancer vers l'infini.

Juste avant il y a leurs yeux sombres qui s'interrogent et leurs corps brûlants qui répondent, se cabrent sous la puissance du fouet qui les enlace comme une flamme. Puis s'engouffrent dans le tournant en un galop terrible et assourdissant, comme deux chevaux trop longtemps retenus.

- Maintenant R. Prenez-moi, il faut.