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Il est comme elle avait pensé, c'est un peu comme si soudain les rêves qui ont parfois agité ses nuits prenaient forme, devenaient réels. Du coup, et aussi parce que depuis le premier regard échangé avec lui elle a senti ce frémissement infaillible qui signale qu'entre cette personne et vous les atomes, le hasard, le destin, la nature, peu importe, ont fait que votre chair et la sienne, votre esprit et le sien s'accordent à jamais quel que soit le lieu et l'espace - du coup, elle se sent en terrain connu malgré qu'elle découvre pour la première fois son corps. Et ses mains à lui sur sa peau brûlante, qui dégrafent le soutien-gorge, libèrent ses seins durs presque douloureux, les caressent avec une délicatesse insupportable, lui disent que lui aussi sait ce qu'il fait malgré son impatientce nerveuse.

- R...je sais depuis le début, souffle-t-elle. 

- Comment avez-vous su ?...Je suis resté discret, très discret.

- Trop justement. 

- Comme vous. C'était insupportable. 

- Comme toutes les fois où on se frôle dans le couloir, ou bien qu'on travaille à mon bureau ou au vôtre. Vous savez quoi ? En fait je n'en peux plus de vous.

Sa main cette fois s'est arrêtée plus bas, et d'un coup les doigts fins ont ouvert son pantalon. C'en est trop, trop de désir en lui, la marée est devenu tsunami, tous ces longs mois de silence, ces saisons muettes et cependant vibrantes, ses tenues à la fois sobres et qui semblent toujours faites exprès pour dessiner ce corps qui l'affole, se maîtriser toujours, même au bord, même quand il voudrait la toucher vraiment, passer ses doigts sur sa bouche entrouverte, sur sa peau si douce à l'odeur de pêche un peu amère, comme le jour où il a failli la tutoyer, où elle a eu ce très bref et satisfait sourire, ce jour-là il a su qu'elle savait, un bref instant il a su...Et puis il s'est raisonné, certainement non, elle avait souri pour autre chose, une pensée avait du la traverser juste à ce moment...Maintenant ces mille instants lui reviennent en foule, dans le maëlstrom qui enfle en lui, qui l'arrache à sa maîtrise si parfaite, qui le jette contre elle, assoiffé, éperdu, fou de désir.

- V...Je te veux !...

Elle a trébuché sous son assaut, maintenant elle est à demi allongée par terre, entre les rayons de la bibliothèque et la table basse, accrochée à lui, ses yeux dardant un feu qui le consume, une seconde suspendue à sa volonté, fait-elle semblant d'attendre sa volonté dans un ultime et savant jeu de séduction féminine dont elle a le secret, il ne sait pas exactement, car elle a l'air à la fois si sincère, presque apeurée malgré son désir qui brûle de partout...Et puis il n'a plus le temps de penser. Elle a collé son petit corps fragile contre lui, faisant glisser en même temps son jean. Elle a pris sa main et l'a guidée vers elle.