papier-peint-capitonne-rose

C'est aujourd'hui, elle le sait, à presque rien mais elle le sait. A son sourire d'un millième de seconde plus long que d'habitude, à ses yeux sur elle peut-être qui sont restés même pas une fraction de seconde de plus dans ses yeux à ellei, mais cet infime instant a suffit pour tout lui dire. 

A l'heure où plus personne n'est dans les locaux, laissant peu à peu les imenses bâtiments se vider, au lieu de partir comme d'habitude et de lui souhaiter une bonne soirée, elle est restée assise à son bureau, son sac à ses pieds, son trench posé sur une chaise. Enfin au bout d'un moment il est entré. C'est elle qui, se levant rapidement, a refermé la double porte capitonnée derrière lui. Sans rien dire. Juste leurs deux regards l'un dans l'autre comme aimantés qui se sont pris déjà il y a longtemps, depuis le premier regard qu'ils ont échangé il y a plus d'un an.

Il fait très chaud c'est l'été.

Le silence, et la poussière dans l'air, visible dans la chaleur, malgré l'ombre des stores, qui danse.

Sa main à lui a d'abord caressé sa lourde chevelure à elle, passant sur la peau douce et si fine de sa nuque, sans s'y attarder cependant, mais cette caresse a suffit, brûlante. Elle a rapproché son corps mince et fragile du sien, il a senti ses seins durs et fermes contre son torse, son souffle chaud et sucré, son parfum qu'il reconnaît entre tous, il n'a pu résister plus de quelques secondes à l'appel impétueux de ce corps qui l'obsède depuis tant de mois. Alors, d'un seul coup, en soufflant juste son prénom, il a passé son autre main sous son top pour sentir ses petits seins. La folie pure.

C'est elle encore qui a enlevé tout à fait son haut, il git maintenant sur son bureau en verre noir, un petit tas de tissu rouge sombre, il a le temps de trouver ce contraste très beau, ce rouge foncé et ce noir brillant presque agressif, comme ses cheveux qu'il embrasse éperdument de ses lèvres assoiffées. 

-Enfin vous ! dit-elle seulement.

- C'est vrai ?...Vous attendiez ?...Vous m'attendiez ?!...Ah !...

Il se noit dans la nuit de ses yeux, dans l'irrémédiable certitude de sa voix, alors elle aussi, depuis le premier jour, comme lui. Il lui prend la bouche et c'est comme si plus rien jamais n'avait existé que le ciel chaud et lourd de cette fin d'après-midi d'été sur Paris, rien, plus jamais rien d'autre, juste cet instant, fulgurant. Sa bouche a le même goût sucré que son souffle, un fruit d'été, défendu, petite Eve je suis fou de toi tu sais.

C'est alors qu'elle a eu ce geste incroyable, inespéré, elle l'a un peu repoussé, ses yeux sombres se sont plantés dans son regard dans une ultime question et elle a dit :

- J'ai envie de vous.

Et comme ses yeux à lui brillaient, émerveillé, projeté dans un autre monde qu'il était, il n'a presque pas été surpris quand brusquement, sans crier gare, elle a repris sa bouche dans un baiser violent et délicieux.