une passion

 tableau : Une passion, Val 

Il fait froid et humide, un dimanche d'hiver juste avant les fêtes, les quais de Seine sont déserts dans ce quartier tranquille de l'ouest parisien, la foule est ailleurs, partout mais ailleurs, sur les Champs illuminés pour la enième fois, je n'ai même pas été voir cette fois-ci à vrai dire je m'en fous, la foule au marché de Noël plus bas jusque vers la Concorde qui se presse, ou plus loin encore sur les boulevards, dans les magasins pleins malgré la crise qui s'éternise et le chômage et les salaires trop bas, elle est partout sauf ici. Ici il y a juste toi et moi.

Ici c'est chez toi chez moi, c'est toi, c'est pour ça, se mêlent nos vies, nos sangs, nos destins. 

Je suis contente que tu te sois enfin offert un caban, un vrai, j'ai toujours su que ça t'allait, tu es plus beau que jamais avec mon amour. Je suis heureuse que tu me fasses toujours confiance.

Le séchoir a fini de tourner, tu m'attends pendant que je rassemble le linge. La vitre de la laveriee st toute embuée. On monte rapidement. Dans l'ascenseur il fait bon.

Comme le soleil après la pluie, même une après-midi d'hiver grise et blanche, il y a cette lumière douce et chaude de l'ascenseur, de tes mains sur ma peau, la sensation ultime et fondue en une seule et même sensation, la tienne, la mienne, se sentir bien.

Dehors il y a ceux qui sont pas bien, ceux qui boivent pour oublier, ceux qui dépensent, ceux qui se regardent, ceux qui travaillent, ceux qui nous regardent, ceux qui souffrent, ceux qui mentent, ceux qui se vengent de la vie comme ils peuvent.

Ici c'est ailleurs, c'est toi et moi, c'est mon cri et ton râle de jouissance ensemble qui se répondent dans un monde sans espace et sans temps.